T.P.E. 1ere S - Année 2015/2016

LA CONSERVATION DES CORPS

Quels procédés adopter afin qu’un corps échappe aux différentes étapes d’une thanatomorphose?

La colonisation cadavérique

Un corps est une vraie réserve de nutriments. Une fois décédé, le cadavre n’est plus protégé par son système immunitaire et les cellules qui le composent vont être mangées par certains insectes. En effet, ceux-ci vont être attirés par différents phénomènes ayant lieu quelques minutes après la mort. Des phénomènes d’autolyse débutent. Ils correspondent à des transformations fermentatives qui dégagent des odeurs spécifiques (pas encore forcément perceptibles par l’homme). Les insectes vont ainsi se servir du corps comme nourriture (pour eux-mêmes et leur progéniture). Cette colonisation débute donc avant même le phénomène de putréfaction et continu ensuite avec celui-ci.

 

Suite à la poursuite de l’autolyse, les odeurs perceptibles et spécifiques d’un stade de putréfaction vont apparaître. Effectivement, nous savons que suite à la transformation d’une cellule, les molécules utilisées comme produit de départ dans la réaction chimique (molécules appelées substrat) vont être consommées, ainsi, les produits des réactions changent. Les odeurs sont dues à ces nombreux changements. Les populations d’insectes peuplant alors le corps sont également nombreuses car ils ne sont pas tous attirés par les mêmes odeurs.

 

De plus, un afflux encore plus rapide des insectes sera noté si l’on note la présence d’un saignement. L’arrivée et le développement de ces insectes dépend cependant des conditions climatiques (temps de pluie, chaleur...).

 

Nous avons donc à présent que la décomposition du corps après la mort est due, en premier lieu, à la flore intestinale que nous recelons en nous même, ensuite viennent les insectes.

 

En effet, si nous prenons la condition d’un corps laissé à l’air libre, nous obtenons la chronologie qui suit :

 

Jour 1 : en quelques minutes, les mouches vertes « à viande » se posent sur le corps et pondent. Les guêpes et des frelons peuvent également intervenir.

 

Jour 2 : les œufs de mouches sont observables sous forme d’amas blancs présents dans les orifices humides (narines...).

 

 Jour 3 : les œufs éclosent en des milliers de larves qui ressemblent à des grains de riz sur le corps.

 

Jour 4 : sous l’action des larves, le nez et la bouche se distendent, le corps enfle du fait de la pression des gaz produits par la digestion des cellules par les bactéries. D’autres mouches viennent pondre à leur tour.

 

Jour 5 : le nez, ainsi que la bouche sont entièrement remplis d’asticots. Ceux- ci consomment les tissus organiques de l’intérieur. Les yeux se remplissent, eux aussi, d’œufs et de larves.

 

Jour 7 : la peau noircit.

 

Jour 8 : les orbites sont vides.

 

Jour 9 : les asticots fourmillent sur la totalité du corps. Les lèvres commencent déjà à être détruites et laissent apparaître les dents.

 

Jour 10 : les asticots se protègent des prédateurs et se réfugient sous l’épiderme.

 

Jour 11 : le visage se retrouve presque totalement consommée par les asticots, une tâche grasse de couleur sombre imprègne le sol au-dessous du corps et s’étale alentour. Cette tâche est produite par les acides gras volatils provenant de la liquéfaction des tissus.

 

Jour 12 : une mince enveloppe de peau subsiste encore partiellement sur les os. En dessous de celle-ci, les asticots, aidés dans leur action par les réactions chimiques destructrices des tissus organiques, ont consommé la quasi-totalité des tissus.

 

Cette décomposition est celle que l’on rencontre pour un corps laissé à l’air libre. Dans des conditions importantes de chaleur et d’humidité, il est possible d’obtenir un véritable squelette en une quinzaine de jour. En revanche, si le corps est inhumé, le développement de la faune est moins important (moins de possibilité pour les mouches de pondre), ce qui explique que la durée nécessaire à la totale décomposition du corps dans ces conditions soit plus longue (huit fois). Elle dépend également de la profondeur de l’enfouissement, de la durée d’exposition au soleil avant l’inhumation.

 

Il en va de même pour un corps immergé. Nous allons trouver une faune encore différente avec des insectes aquatiques tels que les Trichoptères qui vont causer de sévères dégâts. C’est ce qui explique (en partie) la rapidité de la décomposition d’un cadavre dans l’eau.

 

Il existe, cependant, plusieurs vagues successives dans les mois qui suivent le décès :

 

La première escouade est essentiellement constituée de diptères (mouches vertes, à damiers, bleues...). Elle arrive quelques heures à peine après la mort. Les larves implantées dans le cadavre peuvent atteindre l’âge adulte en 2 semaines.

 

mouche verte

oeuf de mouche

Larves de mouche

mouches bleues

Larves de trichoptère

diptère